L'exposition Napoléon est prolongée jusqu'au 24 décembre 2021 !

En raison de forte affluence, nous recommandons aux visiteurs de l'expo Napoléon d’emprunter ce trajet.

Bonaparte au pont d’Arcole (détail), Antoine-Jean Gros, Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck Raux

Interview des commissaires

vendredi 8 janvier 2021
Entretien avec 3 des commissaires de l’exposition

Bernard Chevallier, conservateur général honoraire du Patrimoine, Arthur Chevallier, écrivain et éditeur et Frédéric Lacaille, conservateur général en charge des peintures du 19e siècle et des prêts aux expositions des Châteaux de Versailles et de Trianon.

Une grande exposition consacrée à Napoléon s’ouvre en avril à la Grande Halle de La Villette. Que souhaitez-vous mettre en valeur lors de cet évènement ?

Bernard Chevallier

« Il n’y a pas eu d’exposition générale sur ce personnage historique depuis 1969. Celle-ci s’était tenue au Grand Palais et comptait 613 numéros. »

Frédéric Lacaille

« Notre exposition célèbre le bicentenaire de la mort de Napoléon et le parcours est biographique. Les musées concernés par ce sujet prêtent des objets exceptionnels.
Les collections nationales sont extrêmement riches sur cette période, ce qui n’est pas le cas du tout pour l’Ancien régime. Il n’existe pas d’objets personnels des souverains comme Louis XVI, Louis XIV…, alors qu’on a tout pour Napoléon. »

Arthur Chevallier

« Le but de cette exposition est de présenter une vision de Napoléon qui correspond à l’état de la recherche. Le  « Napoléon » que l’on étudiait dans les années 1970-80 n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Par exemple, le mot « conquérant » à son propos, n’est plus employé. L’empire est dirigé par un autocrate, c’est incontestable, mais il a créé un état de droit (dans le sens où le pouvoir politique est soumis au droit). »

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les institutions créées par Napoléon ?

Bernard Chevallier

« La Banque de France est instaurée et, pendant un siècle, le franc germinal ne bouge pas. On lui doit le Code du commerce et dans un autre domaine la révision des statuts de la Comédie française. »

Arthur Chevallier

« Napoléon a conçu un système législatif, très proche de celui que notre démocratie connaît aujourd’hui. Par exemple, le Code civil est resté inchangé à 60%. Il s’est appuyé sur des idées déjà formulées pendant la Révolution française et les a concrétisées. Pour la première fois en France il y a une Constitution sanctionnée par un plébiscite populaire et des règlements relatifs aux tribunaux, unifiés sur le territoire national. »

 

Parlez-nous de la scénographie ? quels sont vos objectifs ?

Bernard Chevallier

« Nous souhaitions du spectaculaire et les scénographes ont fait évoluer leur projet avec une volonté de transparence, de monumentalité, avec des vues plongeantes sur les salles suivantes, des projections sur des écrans immenses, des extraits de films et des douches sonores. L’exposition joue sur les couleurs. Le trône, qui est un prêt exceptionnel du Sénat, sera encadré de tentures immenses sur 9 mètres de haut, soit la hauteur maximale de la Grande Halle, avec des brocards rouges et des embrasses dorées. »

Frédéric Lacaille

« Il sera dans une rotonde autour de laquelle s’articule l’exposition. Le cheminement du visiteur progresse vers le trône dès le début et cet espace central est visible jusqu’à la fin. »

Que souhaitez-vous que le public retienne de cette exposition ?

Frédéric Lacaille

« Je pense que c’est la modernité de l’héritage napoléonien. On en a gardé le meilleur. Napoléon est un personnage central de l’histoire de France et de l’Europe. Il est important de montrer au grand public que si le mythe fondateur c’est la Révolution française, au fond, c’est Napoléon qui a apporté le plus. »

Bernard Chevallier

« C’est un personnage d’une intelligence exceptionnelle qui a vécu dans une fulgurance. La reine Hortense a confié à madame Campan : « l’Empereur est une comète dont nous ne sommes que la queue et nous ne savons pas où nous allons. » »

Arthur Chevallier

« Depuis la Révolution, la France a fait la guerre pour s’opposer aux puissances étrangères qui voulaient rétablir un roi. L’Angleterre, la Prusse, l’Autriche et la Russie s’opposaient à Napoléon parce qu’ils combattaient la République. Ils parviendront, en 1815, à rétablir un Bourbon, Louis XVIII, sur le trône de France. J’aimerais que le public retienne que sans Napoléon Bonaparte, la Révolution, et avec elle, ses acquis, se serait effondrée. »